Linksys Velop MX5300 : notre test complet
Le Velop MX5300 est un objet particulier en 2026. Lancé en septembre 2019, ce fut à l’époque l’un des tout premiers systèmes mesh WiFi 6 tri-bande du marché, et l’un des plus ambitieux techniquement. Sept ans plus tard, il est toujours référencé sur Amazon.fr — à 340,98€ l’unité.
Ce prix est le point de départ de ce test, et il change tout. Nous allons voir que le matériel, lui, n’a pas grand-chose à se reprocher.
Un produit de 2019 vendu au tarif du haut de gamme
Avant de parler technique, trois éléments doivent être posés clairement, parce qu’ils conditionnent la décision d’achat.
D’abord, cette référence est une unité seule, pack de 1, coloris blanc, avec une couverture annoncée de 260 m². Il ne s’agit pas d’un pack mesh complet. Pour maillier réellement une maison, il faut deux unités, soit plus de 680€.
Ensuite, l’offre n’est pas vendue par Amazon mais par un revendeur tiers de la marketplace, et la fiche indique au moment de notre relevé qu’il ne reste qu’un seul exemplaire en stock. Nous sommes clairement sur de la fin de vie commerciale, avec ce que cela implique en matière de garantie et de service après-vente.
Enfin, la note moyenne du produit est de 3,7/5 sur 122 commentaires. C’est bas pour un produit de cette catégorie, et nous verrons plus loin que cette note est cohérente avec ce que révèle la fiche technique.
Design et intégration
Le MX5300 adopte la silhouette tour verticale caractéristique de la gamme Velop AX : un parallélépipède blanc mat, sommet perforé pour la ventilation, LED d’état discrète sur la face supérieure, logo Linksys en bas de la face avant. C’est sobre, propre, et cela vieillit bien esthétiquement.
Le volume, en revanche, est conséquent. Là où un cube ASUS XD4 ou un galet eero se pose n’importe où, cette tour occupe une place réelle sur un meuble. C’est le prix à payer pour loger douze antennes et un dissipateur passif.
Car le refroidissement est entièrement passif : aucun ventilateur, donc aucun bruit. Sur un appareil qui tourne en permanence, souvent dans un salon ou un bureau, c’est un vrai confort. En contrepartie, la tour chauffe sensiblement en charge et réclame de l’espace libre autour d’elle. Ne l’enfermez pas dans un meuble fermé.
Fiche technique
| Caractéristique | Détail |
|---|
| Standard | WiFi 6 (802.11ax) tri-bande |
| Débit annoncé | AX5300 (1148 + 2402 + 1733 Mbit/s) |
| Processeur | Qualcomm IPQ8072A, 4 coeurs ARM Cortex-A53 à 2,2 GHz |
| Mémoire | 1 Go de RAM, 512 Mo de flash NAND |
| Ports Ethernet | 1 WAN Gigabit + 4 LAN Gigabit |
| USB | 1 port USB 3.0 |
| Antennes | 4x4 sur chacune des trois bandes |
| Canaux 160 MHz | Non supportés |
| Couverture annoncée | 260 m² par unité |
| Appareils annoncés | Plus de 50 |
| Prix relevé | 340,98€ (unité seule) |
Le détail que personne ne mentionne : la troisième bande est en WiFi 5
C’est la découverte la plus importante de ce test, et elle mérite d’être expliquée posément.
L’appellation AX5300 laisse penser à trois bandes WiFi 6. En réalité, l’analyse du matériel révèle trois puces radio distinctes :
- une Qualcomm QCN5024 en 2,4 GHz, 4x4, jusqu’à 1148 Mbit/s — 802.11ax ;
- une Qualcomm QCN5054 en 5 GHz, 4x4, jusqu’à 2402 Mbit/s — 802.11ax ;
- une Qualcomm Atheros QCA9984 en 5 GHz, 4x4, jusqu’à 1733 Mbit/s — 802.11ac, c’est-à-dire du WiFi 5.
Le total 1148 + 2402 + 1733 donne bien environ 5300, mais un tiers de ce chiffre provient d’une radio WiFi 5. Cette bande est destinée au backhaul, la liaison sans fil entre les noeuds du maillage, un usage où la génération importe peu puisque les deux extrémités sont des Velop. Techniquement, le choix se défend : le QCA9984 est une puce 4x4 mature et fiable.
Mais commercialement, il faut le dire : vous ne payez pas trois bandes WiFi 6. Et si vous utilisez ce MX5300 en routeur unique, sans second noeud, cette troisième radio ne vous apportera qu’une bande WiFi 5 supplémentaire pour vos appareils. Notre guide sur le WiFi 6 et le WiFi 7 remet ces générations en perspective.
Connectique : le vrai point fort, et il est unique
Sur ce terrain, le MX5300 écrase littéralement la concurrence. Un port WAN Gigabit, quatre ports LAN Gigabit et un port USB 3.0 sur une seule unité.
Il faut mesurer ce que cela représente. Un TP-Link Deco X50 offre trois ports au total. Un eero 6+ en offre deux. Un ASUS ZenWiFi XP4 se limite à deux ports, dont un occupé par le WAN — voyez notre avis sur le ZenWiFi XP4 sur ce point précis. Le MX5300, lui, vous laisse quatre ports libres après avoir branché la box : PC fixe, NAS, console et téléviseur, sans le moindre switch.
Le port USB 3.0 est encore plus rare. Il permet de partager un disque externe sur le réseau, une fonction que la quasi-totalité des mesh récents ont purement et simplement abandonnée.
La limite est ailleurs : aucun port n’est en 2,5 Gbit/s. Sur une fibre à 1 Gbit/s, vous plafonnerez autour de 940 Mbit/s, ce qui reste cohérent. Au-delà, le MX5300 devient un goulot d’étranglement.
Le MX5300 ne prend pas en charge les canaux 160 MHz. Concrètement, un client WiFi 6 moderne se connectera sur la bande 5 GHz en 802.11ax à 80 MHz, ce qui fixe le plafond théorique autour de 1201 Mbit/s, soit environ 900 Mbit/s à 1 Gbit/s exploitables à proximité immédiate dans de bonnes conditions.
C’est honorable, mais c’est le niveau d’un mesh WiFi 6 milieu de gamme actuel vendu trois à quatre fois moins cher. La plateforme Qualcomm quadricoeur à 2,2 GHz avec 1 Go de RAM, elle, reste très solide : elle encaisse sans faiblir la cinquantaine d’appareils annoncée, et c’est précisément ce qui manque aux mesh d’entrée de gamme lorsque le réseau se charge.
Le placement conditionne fortement le résultat, plus encore avec une unité seule. Notre guide de placement du routeur détaille la méthode, et notre guide du mesh WiFi explique comment dimensionner correctement le nombre de noeuds.
Logiciel : le vrai problème
Le MX5300 se configure obligatoirement via l’application mobile Linksys et un compte cloud. Impossible d’y échapper à la première installation. Une interface web locale prend ensuite le relais pour les réglages avancés, mais l’entrée en matière est verrouillée.
Plus gênant : la dernière mise à jour de firmware recensée pour ce modèle remonte à 2022. Pour l’équipement qui garde la porte de votre réseau domestique, c’est un signal difficile à ignorer. Un routeur sans correctifs de sécurité reste vulnérable à tout ce qui a été découvert depuis. Notre guide sur la mise à jour du firmware explique comment vérifier la version installée sur votre exemplaire.
Les retours d’utilisateurs recoupent d’ailleurs ce constat : déconnexions ponctuelles d’un noeud nécessitant un redémarrage manuel, gestion capricieuse des serveurs DNS personnalisés, réglages de contrôle parental parfois instables. Rien de rédhibitoire pris isolément, mais ce sont exactement le genre de défauts qu’un suivi logiciel actif aurait corrigés. La note de 3,7/5 trouve là son explication.
À 340,98€, la concurrence est écrasante
Il faut être direct : à ce tarif, en 2026, le MX5300 n’est pas compétitif.
Le TP-Link Deco XE75 apporte le WiFi 6E et une véritable bande 6 GHz — voyez notre avis sur le Deco XE75. Le Deco X50 en pack de 3 couvre une maison entière pour bien moins cher, comme le montre notre avis sur le pack de 3. Et notre comparatif des meilleurs mesh WiFi 6 ainsi que notre comparatif des routeurs haut de gamme situent précisément chaque modèle dans la hiérarchie actuelle.
Si vous branchez ce routeur derrière une box opérateur, notre guide du mode bridge vous évitera le double NAT.
Pour qui ?
Le Velop MX5300 se justifie si :
- vous possédez déjà un système Velop AX et voulez ajouter un noeud parfaitement compatible ;
- vous avez un besoin impératif de quatre ports LAN Gigabit et d’un USB 3.0 sur le noeud principal ;
- vous trouvez ce modèle nettement en dessous de 200€, en occasion ou en déstockage.
Passez votre chemin si :
- vous partez de zéro : à plus de 680€ le maillage de deux unités, le rapport qualité-prix ne tient pas ;
- votre fibre dépasse 1 Gbit/s : aucun port multi-gigabit ;
- le suivi de sécurité compte pour vous : le firmware n’évolue plus depuis 2022 ;
- vous visez le WiFi 6E ou le WiFi 7 : il n’y a pas de bande 6 GHz ici.
Verdict
Le Linksys Velop MX5300 est un bon matériel arrivé au bout de sa vie commerciale. Sa plateforme Qualcomm quadricoeur avec 1 Go de RAM, ses radios 4x4 sur trois bandes et surtout sa connectique cinq ports plus USB 3.0 restent, sept ans après, des arguments que peu de mesh actuels peuvent aligner.
Mais 340,98€ pour une unité seule, en 2026, vendue par un tiers avec un exemplaire en stock et un firmware figé depuis 2022, ce n’est pas un achat raisonnable. À cela s’ajoute une nuance technique que le marketing n’affiche nulle part : sur les 5300 Mbit/s annoncés, 1733 proviennent d’une radio WiFi 5.
Sa note de 3,7/5 sur 122 évaluations reflète honnêtement cet écart entre un matériel bien conçu et une expérience logicielle laissée à l’abandon. Notre conseil est simple : ne l’achetez à ce tarif que si vous étendez un parc Velop AX existant. Dans tous les autres cas, un mesh tri-bande récent vous offrira davantage pour moins cher.